DEDICATO A JEAN ROBIC E GASTONE NENCINI
Aspettavo con trepidazione il ritorno dei miei genitori dal Tour de France del 1978, certa che da Parigi mi avrebbero portato un regalo. Quell’anno, la Grande Boucle volle omaggiare tutti i suoi vincitori leggendari: una cerimonia degna dei reali, come ricorda mia madre, accolse i campioni in Place de la Concorde. Lì, una folla immensa tributò loro ogni onore prima che sfilassero, uno ad uno, lungo gli Champs-Élysées per l’ultima tappa.
Il giorno precedente, durante la serata di gala, mio padre, Gastone Nencini, si avvicinò al primo vincitore del Tour del dopoguerra, Jean Robic, per chiedergli un autografo dedicato a noi figli: Giovanni, Elisabetta (Betty per la famiglia), Saul e Lapo. Un gesto gentile, il suo, che onorava il campione francese con una semplicità capace di rivelare, al contempo, la grandezza morale di mio padre.
Al loro ritorno dalla Francia, il mio regalo era lì, nella valigia, insieme alla fotografia autografata di Robic. Il cadeau era un grazioso vestito a quadri bianco e rosso acquistato a Montmartre; oggi non è più nel mio armadio, ma conservo ancora gelosamente quella foto di "Testa di Vetro". Il fotografo lo aveva immortalato dritto sui pedali, su una strada di montagna — forse i Pirenei, forse le Alpi — sicuramente una delle vette scalate anche da mio padre con la stessa fatica e la stessa passione che li accomunava in quella straordinaria avventura sportiva.
Jean Robic ha affrontato la sua ultima salita, quella senza discesa, nel 1980. Ad attenderlo sulle rampe del cielo c’era proprio Gastone Nencini, che lo aveva preceduto di pochi mesi: un distacco che, agli occhi dell’eternità, non è che un'inezia.
A mio padre — generoso come uomo e come atleta — che ha lasciato in dono a noi figli, al ciclismo e al mondo dello sport, l’inalienabile valore dell’onore.
Elisabetta Nencini
Firenze, 29 giugno 2022
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Nella foto, i vincitori del Tour de France presenti alla 65esima edizione della Grande Boucle del 1978 |
°°° Version française°°°
DÉDIÉ À JEAN ROBIC ET GASTONE NENCINI
La valeur de l'honneur : un mémoire de 1978
J'attendais avec appréhension le retour de mon père et de ma mère du Tour de France 1978, certain qu'à leur retour de Paris ils m'apporteraient un cadeau. Cette année-là, la Grande Boucle accueillait tous ses vainqueurs : une cérémonie digne de la royauté, comme ma mère s'en souvient, accueillait tous les champions, qui avant de défiler à vélo, un à un, sur les Champs Elysées, le long du parcours urbain de la dernière étape. de ce Tour, la cérémonie comprenait l'exaltation publique de ces champions sur la place de la Concorde, où une foule immense les attendait pour leur rendre tous les honneurs.
La veille, lors de la soirée de gala, mon père, Gastone Nencini, s'est adressé au premier vainqueur du Tour de France d'après-guerre - Jean Robic - pour lui demander un autographe à consacrer à ses enfants, Giovanni, Elisabetta -Betty pour la famille- Saül et Lapo. Un beau geste, le sien, qui honore le champion de France d'une action aussi simple que significative et qui, en même temps, permet de comprendre sa dimension morale.
A mon retour de France, mon cadeau était dans la valise, accompagné de la photo signée de Robic, que mon père m'avait offerte. Le cadeau, une jolie robe à carreaux rouges et blancs achetée à Montmatre et offerte en juillet 1978 par mes parents, n'est plus dans ma garde-robe, mais, au contraire, j'ai encore, bien conservée, la photographie de "Glass Head " immortalisé par le photographe directement sur les pédales, sur une route de montagne, peut-être les Pyrénées, peut-être les Alpes, certainement l'un des nombreux voyages également de mon père, avec le même effort et la même passion qui l'unissaient dans l'aventure sportive du petit grand champion français.
A Jean Robic, qui a gravi la dernière ascension, sans descente, en 1980 : l'attendant, sur les rampes du ciel, Gastone Nencini, qui l'avait précédé de quelques mois seulement, avec un écart qui aux yeux de l'éternité est clairement une « bagatelle ». À mon père, généreux, tant en tant qu'homme qu'en tant qu'athlète, à celui qui a laissé en cadeau la valeur inaliénable de l'honneur à moi et à mes frères, au cyclisme et à tout ce qui touche au sport.
Elisabetta Nencini
Florence, le 29 juin 2022


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